CALCUL DE LA CONTENANCE D'UN VASE Jean-François Meffre – Yves Rigoir
Dans l'étude de contenants, connaître leur capacité est une des curiosités évidentes. Elle était généralement mesurée au moyen de grains de riz, remplissage évidemment limité aux pièces complètes. Ce handicap était contourné (Rigoir 1981) grâce au découpage en troncs de cônes de coupes graphiques réalisées comme décrit précédemment, de hauteur variable suivant l'amplitude des courbures et facilement repérés et mesurés à l'aide de calques millimétrés. La généralisation des calculettes programmables permettait déjà d'accélérer cette procédure. Avec les ordinateurs personnels et leurs tableurs, on se rapprochait déjà d'une solution informatique. Cette solution cependant un peu “bricolage“ incitait à envisager l'écriture d'un programme spécifique qui effectuerait de lui-même ces opérations. ARCHEO était disponible en mars 2005 dans sa version 4 dont le processus (fichier "Aide.txt") est détaillé ci-après :
Une dernière amélioration a été apportée pour traiter les vases dont le fond est nettement proéminent à l'intérieur. En plus des commandes indispensables, des renseignements sur des coordonnées en pixels figurent sur la fenêtre principale, indiquant, par exemple, la somme des pixels correspondant à la surface utilisée et au volume obtenu et donnant ainsi la précision des mesures. À l'inverse des "grains de riz", l'application sur les vases entiers est impossible suivant le processus normal. On peut toutefois tricher, en déplaçant vers l'intérieur soit la verticale de l'axe, soit le contour, d'un écart correspondant à l'épaisseur estimée de la paroi. Le même procédé peut être utilisé sur des photographies d'objets dont la hauteur est connue. Le profil sera d'autant plus fidèle si le cliché est pris à partir de la plus grande distance possible correspondant à une focale un peu longue. Si la précision des calculs est optimale, des variations peuvent intervenir en amont : de l'exactitude des relevés, évidemment, et du calcul de la hauteur si un scan a été réalisé sur une figure à échelle réduite. Avec des documents de qualité, cette précision restera en général supérieure à la régularité de la fabrication de l'objet. Encore au début du siècle précédent, les tourneurs aubagnais ne se fixaient qu'une dimension pour les séries de "tians", ces cuvettes provençales coniques. L'extrémité d'une tige leur en indiquait la hauteur et le diamètre, la régularité de l'épaisseur des parois et du diamètre du pied n'étaient fonction que de l'habileté du potier. Cela permet d'envisager une étude intéressante des constantes ou des variations, ou d'effectuer des tests à partir de vases moulés… |
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