| Histoire... | Remonter |

GROUPE D'ÉTUDE DE LA CÉRAMIQUE ANTIQUE EN GAULE
Colloque annuel, Dijon, 26 et 27 mars 1966

Le Groupe d'étude de la céramique antique en Gaule, animé par les Professeurs et Doyens J.J. Hatt, Lucien Lerat et Roland Martin,  avait comme thèmes cette année les Problèmes des Transferts d'ateliers et des exodes d'artisans en Gaule, sous le règne de Néron au ne siècle et le Décor de la sigillée traduisant les croyances mythologiques et le rituel gaulois.

Le Professeur J.J. Hatt donna d'abord un compte rendu du dernier colloque tenu à Mende, auquel participait, outre les membres français, un groupe britannique assez important, avec Miss Grace Simpson, Mr Boon, Mr Rogers ; cette réunion, dont l'organisation matérielle avait été assurée par notre collègue M. André Blanc, était centrée sur deux sujets: l'intérêt des analyses chimiques et les officines de Banassac et La Graufesenque ; plusieurs exposés y furent présentés par MM. Picon, Hoffmann, Abbé Peyre, Hugues Vertet, ce dernier insistant surtout sur les rapports entre Lyon et les officines du Centre de la Gaule, et sur l'acheminement des influences techniques depuis l'Italie jusqu'en Gaule.

Le présent colloque doit son intérêt aux diverses communications, avec projections, présentées par MM. André Blanc, Marcel Lutz, J.J. Hatt, Yves Jeannin, Hugues Vertet, Roger Périchon et Rogers.

André Blanc expose d'abord les recherches techniques faites au Laboratoire de Valence, rattaché à la Faculté d'Aix-en-Provence (recherches fondamentales portant sur l'évolution historique des techniques, recherches pratiques portant sur la qualité des eaux et sur le lavage de l'argile) ainsi que les projets du Laboratoire, avec constitution de fichier par officine et par potier et détermination des caractéristiques physiques et physico-chimiques pour chacun.

Marcel Lutz parle des Nouveaux potiers inconnus de Boucheporn (Moselle), au nombre de six, dont certains, comme le « Maître au petit cheval» offrent des décors s'apparentant au style arverne ; il semble que les potiers de la Gaule méridionale, sur leur trajet vers l'Est, aient fait un séjour en pays arverne ; cet Auteur présente enfin une analyse des décors des potiers MATVGENVS (époque Claude-Néron) et du « Maître aux grandes feuilles» (époque Flaviens).

Le Pr J.J. Hatt, de son côté, insiste sur le « Symbolisme religieux de la Terre sigillée gauloise» avec présentation de quelques éléments du Panthéon gaulois (Esus, Déesse-mères, Taranis, Dioscures, etc...) et de documents sur vases à reliefs d'applique et barbotine, et sur dessus de lampes, ainsi que de certains vases moulés de Lezoux ; les potiers s'ingénient à représenter, d'une façon parfois peu claire, la mythologie et les rites ; l'intérêt de la sigillée est dans le groupement des symboles et dans la constitution de scènes à sens religieux.

M. Yves Jeannin publie un « Nouveau poinçon figuré sur céramique de la Graufesenque» ; il s'agit du groupe de Médée allant tuer ses enfants et, d'après le contexte, il le date « Flaviens-Pré-Flaviens ».

M. Robert Périchon apporte des précisions sur la « Céramique peinte de Roanne», grâce aux fouilles d'officines de potiers sur les chantiers de la Nouvelle Poste et du site de Cadore, tous deux à Roanne ; outre une série de fours de céramique commune, ces fouilles ont livré des échantillons de céramique peinte, en l'occurence des bols type Roanne.

Enfin Monsieur Rogers, à l'occasion d'un « Moule découvert dans le Département de l'Yonne» (trouvé à Gaulges et actuellement au musée des Antiquités nationales), évoque la possibilité d'une officine aux lieux- dits « La Tuilerie », avec présence d'eau, de bois et voies de transport, et envisage ses rapports possibles avec les ateliers de l'Est. En effet, certaines oves se rapprochent de celles d'Argonne ou de Boucheporn.

M. Hugues Vertet expose la découverte des « Officines de sigillée de Lyon» faite à l'occasion de travaux d'urbanisme, entre la Saône et la colline de la Croix-Rousse ; il s'agit de restes d'ateliers de potiers, de verriers et de fabricants de lampes. A signaler des Vases type Aco, des Amphores d'un type Dressel 1 abâtardi, des plats et assiettes estampillés ; parmi les marques, il y a des noms italiques, et des noms de La Graufesenque, de l'époque Tibère-Claude-Néron. On peut considérer ces documents comme des témoins très précis du rôle de Lyon dans la diffusion des techniques céramiques en Gaule et l'on peut imaginer que les ateliers de Lyon et de Lezoux ont pu être fondés par des équipes de potiers ayant une même origine.